Dans son entretien à Yabiladi, Amine Kassid décrit une démarche documentaire destinée à rendre l’histoire des châteaux accessible à un public non initié.

La médiation comme travail de traduction

Partager un patrimoine ne consiste pas seulement à diffuser son image plus loin. Il faut aussi donner à ceux qui le découvrent les repères nécessaires pour entrer dans le récit. Une date, un terme architectural ou une fonction de cour peuvent sembler évidents à un habitué et rester abstraits pour un autre spectateur.

C’est sous cet angle que Le Passage s’intéresse à Amine le Conquérant. Sa démarche permet de poser la question de la traduction culturelle : comment présenter un lieu sans supposer que le public connaît déjà son histoire ? Le choix d’une anecdote ou d’une question peut constituer cette première ouverture.

L’enjeu n’est pas de traiter tous les spectateurs comme un groupe uniforme. Chacun arrive avec des connaissances, des souvenirs et des interrogations différents. Un récit accueillant laisse de la place à cette diversité, tout en permettant d’aller vers une information plus précise.

Cette analyse ne lui attribue pas une mission diplomatique ou institutionnelle. Elle observe un travail de circulation : faire passer une histoire d’un espace spécialisé vers une conversation plus large. Ce déplacement peut être modeste dans sa forme et important dans l’expérience de celui qui, pour la première fois, se sent concerné par le sujet.

Sources et repères