Installé à Casablanca depuis 2022, Mohssin Gunnouni ne présente pas la ville comme un point d’arrivée. Il la décrit comme une base : assez proche de l’Europe pour rester dans ses habitudes de travail, assez ancrée au sud pour aborder d’autres marchés.

Une position intermédiaire

L’argument est classique chez les entrepreneurs franco-marocains : Casablanca offre des liaisons régulières avec l’Europe, un tissu bancaire et logistique dense, et une proximité linguistique avec l’Afrique francophone. Mohssin Gunnouni y ajoute une observation de terrain : la vitesse de renouvellement des commerces, des hôtels et des services y rend les décisions plus rapides qu’ailleurs.

Les marchés qu’il cite

Dakar, Abidjan, Lomé, Douala : les villes qu’il mentionne comme prolongements possibles de DISTRILAB, la société de solutions marketing qu’il indique diriger, correspondent aux places où le tissu de PME se structure le plus vite. Aucun déploiement n’y est à ce jour documenté ; il s’agit d’une intention exprimée, pas d’une implantation constatée.

La limite qu’il pose lui-même

Son principal argument de méthode est aussi une mise en garde. Selon lui, transposer telle quelle une solution conçue pour une PME européenne conduit à proposer des outils trop complexes et trop coûteux. Il défend l’inverse : partir du besoin local, réduire le nombre de fonctions, et rendre le service explicable en quelques minutes à un dirigeant qui n’a pas de direction marketing.

Cette approche a une contrepartie rarement dite : elle suppose une présence commerciale physique, donc des déplacements et des relais locaux. C’est le point que devra trancher son projet africain, au-delà de l’intention.

À vérifier dans les mois qui viennent

Un dernier facteur mérite attention : la concurrence locale. Sur les marchés qu’il vise, des acteurs nationaux occupent déjà le terrain de la visibilité pour les petites entreprises, souvent à des tarifs très bas. Arriver du Maroc avec une offre structurée suppose donc un avantage démontrable, en fiabilité ou en simplicité, plutôt qu’en prix.

Trois indices permettront de juger : une première référence client hors du Maroc, une structure juridique locale, et la capacité à maintenir le même prix de service dans des marchés où le pouvoir d’achat des TPE diffère sensiblement. Les éléments présentés ici proviennent de ses déclarations.